Le diabète recouvre plusieurs maladies qui ont en commun une élévation durable du glucose dans le sang. En France, 3,8 millions de personnes recevaient un traitement pour un diabète en 2023, soit 5,6 % de la population. Le diabète de type 2 représente plus de neuf cas sur dix à l'échelle mondiale, mais certaines situations ne correspondent ni à ce mécanisme ni au diabète de type 1. Le nouveau type de diabète reconnu officiellement dans les classifications internationales désigne le diabète lié à la malnutrition, aussi appelé diabète de type 5. Son identification exige un bilan clinique et biologique complet, car aucun examen isolé ne suffit.
L'essentiel
Le diagnostic du nouveau diabète commence par la confirmation d'une hyperglycémie sur une prise de sang. Le diabète de type 5 est envisagé chez une personne ayant connu une dénutrition, souvent avec une corpulence basse, une production d'insuline réduite et sans marqueurs d'auto-immunité. Le médecin doit aussi écarter un diabète de type 1, de type 2, une maladie du pancréas et certaines formes génétiques. Une orientation vers un diabétologue aide à choisir les examens utiles et le traitement adapté.
Comparez les principaux repères de chaque type ↓
Que désigne réellement le nouveau type de diabète reconnu officiellement ?
La Fédération internationale du diabète a récemment distingué le diabète lié à la malnutrition comme diabète de type 5. Cette forme, décrite de longue date dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire, concerne surtout des personnes ayant subi une dénutrition prolongée pendant l'enfance ou à l'âge adulte.
Le mécanisme semble associer un développement insuffisant du pancréas et une sécrétion trop faible d'insuline. Les recherches se poursuivent sur le rôle précis de l'alimentation, des infections précoces et de facteurs génétiques. Les données actuelles ne permettent pas de réduire ce trouble à une simple conséquence d'une alimentation pauvre.
Cette forme atypique de diabète survient souvent chez des personnes minces. Elle ne correspond habituellement ni à la destruction des cellules bêta du pancréas observée dans le diabète auto-immun, ni à la forte résistance à l'insuline typique de nombreux diabètes de type 2. Vivre dans une région de volcan ne constitue pas, à lui seul, un critère diagnostique pertinent.
Quels symptômes du nouveau type de diabète doivent conduire à consulter ?
Les symptômes du nouveau type de diabète sont ceux d'une hyperglycémie. Une soif intense et des urines fréquentes, une fatigue inhabituelle, une vision trouble ou une perte de poids involontaire doivent motiver une consultation médicale. Ces signes peuvent s'installer progressivement et restent parfois discrets.
Chez certaines personnes, une infection cutanée répétée, des mycoses ou une cicatrisation lente révèlent l'excès de glucose. La faim peut augmenter alors que le poids diminue. Ces manifestations ne permettent toutefois pas d'identifier le type de diabète.
Des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, une respiration ample ou une somnolence imposent une évaluation rapide. Ils peuvent signaler une complication aiguë liée à un manque majeur d'insuline. Les personnes à risque de déshydratation doivent être prises en charge sans délai.
Comment se déroule le diagnostic du nouveau diabète ?
Le diagnostic du diabète repose d'abord sur une prise de sang avec dosage de la glycémie. Avant le bilan, il faut disposer d'une ordonnance médicale, signaler les traitements en cours et, pour une glycémie à jeun, respecter généralement huit heures sans apport calorique. Le prélèvement dure quelques minutes, mais l'interprétation peut nécessiter plusieurs rendez-vous.
| Examen | Résultat évocateur de diabète | Rôle dans le bilan |
|---|---|---|
| Glycémie à jeun | Au moins 1,26 g/L, soit 7,0 mmol/L | Confirmer l'hyperglycémie |
| Hémoglobine glyquée, ou HbA1c | Au moins 6,5 % | Estimer l'équilibre glycémique des deux à trois derniers mois |
| Glycémie à n'importe quel moment | Au moins 2 g/L avec symptômes typiques | Étayer un diagnostic sans attendre |
En l'absence de symptômes nets, un second prélèvement anormal est habituellement nécessaire. Le parcours suit ensuite plusieurs étapes, dans un ordre qui limite les erreurs de classification.
- Le médecin confirme l'hyperglycémie et recherche une cause transitoire, comme une infection sévère, une grossesse ou la prise de corticoïdes.
- Il recueille l'histoire pondérale, l'alimentation passée, les antécédents familiaux et l'âge d'apparition des troubles. Une perte de poids ancienne ou une dénutrition documentée orientent le raisonnement sans établir le diagnostic à elles seules.
- Il mesure le poids, la taille, la pression artérielle et recherche des signes de complications. Une évaluation nutritionnelle complète le bilan lorsqu'une malnutrition est possible.
- Des dosages d'auto-anticorps, tels que les anticorps anti-GAD, et du peptide C précisent la capacité du pancréas à produire de l'insuline. Une imagerie pancréatique ou un test génétique peut être proposé selon le contexte.
- Le spécialiste confronte l'ensemble des résultats pour retenir ou non un diabète lié à la malnutrition. Cette démarche de diagnostic différentiel du diabète conditionne le suivi et les traitements envisagés.
Quelles différences entre le nouveau diabète et les diabètes de type 1 et 2 ?
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune. Le système immunitaire attaque les cellules qui fabriquent l'insuline, ce qui entraîne une carence souvent rapide et peut conduire à une acidocétose. En France, il concerne environ une personne diabétique sur dix.
Le diabète de type 2 associe le plus souvent une résistance à l'insuline et un épuisement progressif de sa sécrétion. Il est favorisé par l'âge, l'excès de poids, la sédentarité et les antécédents familiaux, sans qu'aucun de ces facteurs ne soit systématique.
Le diabète de type 5 se différencie par son contexte de dénutrition et par une production d'insuline insuffisante sans auto-immunité démontrée. Il peut être confondu avec un type 1 chez une personne maigre ou avec un type 2 chez un adulte dont l'hyperglycémie apparaît progressivement. Les catégories servent à guider les soins, mais elles ne remplacent jamais l'analyse individuelle.
| Type de diabète | Mécanisme principal | Contexte évocateur | Auto-immunité | Éléments du bilan |
|---|---|---|---|---|
| Diabète de type 1 | Destruction des cellules qui fabriquent l’insuline | Carence souvent rapide en insuline | Oui, maladie auto-immune | Auto-anticorps, dont les anticorps anti-GAD |
| Diabète de type 2 | Résistance à l’insuline et baisse progressive de sa sécrétion | Âge, excès de poids, sédentarité ou antécédents familiaux possibles | Non | Analyse clinique et biologique du contexte |
| Diabète de type 5 | Production d’insuline insuffisante liée à la malnutrition | Dénutrition prolongée et souvent corpulence basse | Sans auto-immunité démontrée | Peptide C faible, auto-anticorps et évaluation nutritionnelle |
Pourquoi les diabètes atypiques sont-ils parfois mal classés ?
L'âge, le poids et la glycémie donnent des indices utiles, mais ils ne suffisent pas toujours. Un adulte mince peut avoir un diabète auto-immun lent, appelé LADA. Une personne en surpoids peut aussi développer un diabète de type 1 ou présenter une maladie chronique du pancréas.
Le médecin peut rechercher un diabète pancréatogène après une pancréatite chronique, une chirurgie du pancréas ou une mucoviscidose. Les formes monogéniques, comme certains MODY, sont également évoquées lorsque plusieurs générations sont concernées à un âge jeune. Les traitements médicamenteux et les maladies endocriniennes font partie des causes à vérifier.
Les bilans de prévention sont utiles lorsqu'ils correspondent au profil de risque. Pour mieux comprendre la place des analyses dans une démarche raisonnée, les examens de prévention pertinents peuvent aussi être discutés avec le médecin traitant. Une anomalie de glycémie mérite toujours un contrôle médical, même en l'absence de symptômes.
Quand demander un avis d'un diabétologue ?
Un avis d'un diabétologue est indiqué lorsque le type de diabète reste incertain, lorsque la glycémie augmente malgré les premières mesures ou lorsqu'une perte de poids importante accompagne le diagnostic. Il devient particulièrement utile en cas d'anticorps négatifs avec faible sécrétion d'insuline et antécédents de dénutrition.
Le spécialiste peut coordonner le bilan avec un nutritionniste et rechercher les complications déjà présentes au niveau des yeux, des reins, des nerfs et du système cardiovasculaire. Le but est de corriger l'hyperglycémie sans aggraver une fragilité nutritionnelle. La prise en charge dépend donc de la cause retenue, de l'état nutritionnel et des résultats biologiques.
Questions fréquentes sur le diagnostic du nouveau diabète
Le diabète de type 5 est-il officiellement reconnu ?
Oui, le diabète lié à la malnutrition a été individualisé comme diabète de type 5 dans une classification récente de la Fédération internationale du diabète. Cette reconnaissance aide à mieux décrire une forme auparavant souvent rangée à tort parmi les diabètes de type 1 ou 2. Sa définition clinique continue d'être précisée par la recherche.
Une personne mince peut-elle avoir un diabète de type 2 ?
Oui, une corpulence mince n'exclut pas un diabète de type 2. Les antécédents familiaux, la répartition de la masse grasse et la baisse progressive de la sécrétion d'insuline peuvent intervenir. Le poids seul ne permet donc pas de poser une classification fiable.
Quel résultat de glycémie confirme un diabète ?
Une glycémie à jeun égale ou supérieure à 1,26 g/L confirme habituellement le diabète si elle est retrouvée sur deux prélèvements distincts. Une HbA1c d'au moins 6,5 % peut aussi être retenue selon le contexte. En présence de symptômes caractéristiques, une glycémie égale ou supérieure à 2 g/L peut suffire.
Peut-on diagnostiquer un diabète avec une HbA1c normale ?
Oui, cela peut arriver dans certaines situations qui modifient la durée de vie des globules rouges, comme une anémie, une hémorragie récente ou certaines maladies sanguines. Le médecin s'appuie alors davantage sur les glycémies plasmatiques. Plusieurs résultats sont souvent nécessaires pour établir une conclusion solide.
Le diabète de type 5 rappelle que l'hyperglycémie ne correspond pas toujours aux deux formes les plus connues. Une classification exacte repose sur les analyses, l'histoire médicale et l'examen clinique, puis oriente un suivi adapté avec l'équipe soignante.




